L'omniprésence des PFAS : un cocktail toxique pour l'environnement et la santé
Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), souvent désignées comme « polluants éternels », sont omniprésentes dans notre quotidien. Nous les retrouvons dans une multitude de produits, allant des revêtements antiadhésifs de nos poêles aux textiles imperméables de nos vêtements, en passant par les emballages alimentaires et les mousses anti-incendie. Cette large utilisation résulte de leurs propriétés physico-chimiques remarquables : résistance à l'eau, à la graisse et à la chaleur. Cependant leur persistance, qui en fait des produits très attractifs pour l'industrie, soulève de graves préoccupations sanitaires et environnementales.
Les PFAS s'accumulent dans les sols, l'eau et les organismes vivants, y compris les êtres humains. Les organismes aquatiques sont particulièrement exposés, ce qui entraîne une concentration accrue dans la chaîne alimentaire, affectant particulièrement les poissons et les grands mammifères prédateurs. Ce processus de bioaccumulation expose les consommateurs finaux, y compris l’Homme, à des concentrations de PFAS significativement plus élevées que celles initialement présentes dans l'environnement.
En Europe, environ 90 % des eaux souterraines sont contaminées par ces substances, ce qui représente une menace directe pour la santé de millions de personnes. Des études scientifiques établissent des liens entre l'exposition aux PFAS et divers problèmes de santé, notamment des troubles hormonaux, des maladies cardiovasculaires, une atteinte du système immunitaire, et des risques accrus de certains cancers. Aujourd'hui, la contamination aux PFAS constitue un enjeu majeur de santé publique, qui commence à être pris en main par les législateurs ainsi que les instances judiciaires.
De Nombreux litiges aux Etats-Unis et le durcissement de la réglementation en Europe : la pression monte sur les entreprises
L’impact des PFAS dépasse les sphères sanitaire et environnementale pour s'étendre aux domaines juridique et financier, augmentant ainsi la pression sur les entreprises européennes.
Nous avons observé un nombre croissant de poursuites judiciaires aux Etats-Unis contre des entreprises pour contamination de l'eau potable par les PFAS. Certains litiges, comme celui en Caroline du Sud, ont abouti à des règlements financiers records atteignant des milliards de dollars. Ces affaires médiatisées mettent en lumière la responsabilité des industriels dans la contamination environnementale et les conséquences financières qui en découlent. Face à la multiplication des scandales et à la pression de l'opinion publique, la réglementation tend à se renforcer au niveau mondial.
La Convention de Stockholm, un traité international visant à éliminer ou restreindre la production et l'utilisation de polluants organiques persistants, ajoute depuis 2009 des PFAS à sa liste, le dernier en date étant en 2022.
L'Union Européenne envisage d'interdire jusqu'à 10 000 substances contenant ces composés, tandis qu’en France, une nouvelle réglementation votée en février 2025 interdit les PFAS dans les produits non-essentiels (cosmétiques et textiles principalement) à partir de 2026. Cette nouvelle loi impose également des limites strictes pour la présence de PFAS dans l'eau potable, ainsi qu’un mécanisme pollueur-payeur, ce qui accroît la responsabilité des entreprises. Cette pression réglementaire croissante oblige les entreprises européennes à repenser leurs pratiques, à investir dans la recherche d'alternatives et à assumer les coûts liés à la décontamination.
Impacts sectoriels, le défi de la dépollution et l'engagement d'Ostrum AM
Le secteur chimique sera probablement le plus touché par la nouvelle législation française. De nombreuses entreprises sont déjà confrontées à de nouvelles controverses et subiront l'impact direct de la redevance de 100 € par 100 grammes de PFAS rejetés dans les eaux. D'autres secteurs, tels que l'alimentation, le textile et l'énergie, pourraient également faire face à des défis similaires si la législation se renforce. Dans ce contexte, Ostrum AM a mis en place un suivi rigoureux et une méthodologie spécifique pour évaluer les controverses liées aux PFAS, pouvant mener à l'exclusion de certains émetteurs de nos portefeuilles.
La dépollution des sites contaminés par les PFAS constitue un défi technique et financier majeur, mais elle offre aussi de nouvelles opportunités. Les coûts de décontamination en Europe sont estimés entre 95 et 2 000 milliards d'euros sur 20 ans, englobant le traitement des eaux souterraines et des déchets contaminés. Ce besoin croissant en dépollution crée un marché florissant pour les entreprises spécialisées dans les solutions de traitement des PFAS.
Ostrum AM s'engage dans la lutte contre cette pollution en participant à la coalition IIHC (Investor Initiative on Hazardous Chemicals), qui regroupe des investisseurs représentant plus de 18 000 milliards de dollars d'actifs. Cette initiative vise à atténuer les impacts des produits chimiques dangereux et à engager avec les entreprises pour promouvoir des pratiques plus durables. Cet engagement s'inscrit dans notre démarche d'investisseur responsable, visant à réduire l'impact environnemental des entreprises et à promouvoir une économie plus respectueuse de la santé et de la planète. En participant activement à ces initiatives, Ostrum AM contribue à accélérer la transition vers un avenir sans PFAS.